2007 février Csa Plongée : Plongées sur Brest en Bretagne

Par Fanch gourvil

« L’âme de nos marins plane sur l’océan. Je l’ai vu ce matin sous l’aile d’un goéland… »

Plonger sur la roche des vieux Moines, au pied du Monastère de St Mathieu est un plaisir agréable. Cette plongée facile pour l’ensemble des niveaux permet de descendre au maximum à vingt mètres pour les plus aguerris. Lorsque la tempête s’élève, le spectacle est d’une tragique beauté, à la mitraille des galets roulant sous la vague, inlassablement, se joint le hurlement puissant du souffle marin, les îles s’estompent dans une brume diluée, le ciel et la mer se fondent l’un en l’autre, les embruns s’envolent au dessus de la falaise rivalisant avec l’oiseau de mer qui semble attendre un moment autre, et, lorsque tout s’éclaire et s’apaise, lorsque le bleu, le blanc, le gris reprennent leur droit, le site, nouveau, totalement changé, d’une étrange beauté, reste toujours propice au recueillement,», nous aussi nous pouvons la voir, si….

Sur cette roche mythique et chargée d’histoire ce trouve une épave appelée l’ardoisier. Pourquoi ce nom, tout simplement car sur le site, se trouvent des ardoises, provenants probablement du chargement d’un navire dont on ne connait pas le nom, car aucune recherche a ce jour n’a donné le vrai nom du navire qui fut sûrement un caboteur.

Une légende bretonne

Au coeur du Pays d’Iroise, subsistent les ruines d’un monastère qui possède comme relique la tête de Saint Mathieu… L’histoire commence au VIème siècle lorsque des marins bretons partent en Ethiopie pour faire du commerce et qu’ils y découvrent les reliques de Saint Mathieu. Après de longs jours en mer, alors qu’ils se trouvent aux abords dela Pointe Saint-Mathieu, un vent violent déclenche une tempête. Effrayés, les marins invoquent Saint-Mathieu pour les sauver. On dit qu’alors le roc se fendit en deux, ouvrant un passage qui permit aux marins de rentrer sains et saufs au port du Conquet. En signe de reconnaissance, ils déposèrent le crâne de Saint-Mathieu sur la pointe la plus proche de l’incident et Saint-Tanguy y fonda un monastère. Les reliques furent d’abord conservées dans ce monastère bénédictin puis dans l’abbaye des XIIème et XVIème siècles. Même si la relique de l’évangéliste a disparu depuis longtemps, le lieu se souvient encore de son passage.

Surnommée « la proue de l’Ancien Monde », la Pointe Saint-Mathieu est chargée d’histoire

Voici quelques récits :

Il est certain qu’un courant commercial existe, de longue date, reliantla Méditerranée, le sud dela Gaule et les îles Brittoniques, les îles Cassitérides. Le passage, à vue et de jour, de cet espace géographique dangereux peut alors durer plusieurs jours et est l’occasion de prendre quelques repos, d’assurer un ravitaillement nécessaire. La liaison trans-Manche, par ailleurs, est aussi une réalité, les peuples d’un côté et de l’autre se connaissent bien. La réputation des Vénètes, peuplade armoricaine, fait de l’ombre à l’hégémonie romaine ; une saute de vent leur est défavorable et César devient ainsi maître d’une partie de l’Armorique. C’est, curieusement, avec les Romains qu’arrivent en Armorique, les premiers Bretons chargés d’assurer en partie la sécurité du « Tractus Armoricanus », sorte de « Mur de l’Atlantique » avant l’heure, contre les premières incursions de barbares venus du nord, aux Ier et IIème siècles de notre ère.

Saint Tanguy ait choisi ce lieu,

Comment s’étonner alors que Saint Tanguy ait choisi ce lieu, battu par tous les vents, pour y fonder, au VIème siècle, un monastère, en expiation au meurtre de sa soeur Sainte Haude.

Au IXème siècle, des navigateurs Léonards revenant de commercer en Ethiopie en ramènent le corps de Saint Mathieu. Après avoir échappé aux dangers du Raz, ils talonnent mais la roche s’écarte pour laisser le passage au bateau, c’est ainsi qu’ils mettent à terre la précieuse relique en ce lieu qu’ils nomment Loc Mazhé Traoun. Les précieuses reliques sont enlevées, plus tard, par des pirates, transportées en France et perdues à jamais pour l’abbaye bénédictine fondée sur les ruines de l’ancien monastère en 1157, mais Hervé I° Vicomte de LEON retrouve et ramène le chef du saint, en 1206, à son retour de Palestine. Ce dernier donne, de plus, une impulsion significative à la construction de l’abbaye. Les abbés ont droit de mitre et de crosse. Ils jouissent des haute, moyenne et basse justices ; l’enclos du gibet des moines se remarque toujours à l’entrée de l’agglomération, marqué par deux menhirs christianisés évoquant les deux religions ancestrales.

Objet de pillages faciles et fructueux, l’Abbaye est autorisée à élever en 1358 des fortifications, en particulier le donjon carré près de l’église.

Au feu monacal, est substituée, en 1773, une lanterne vitrée contenant 12 lampes à réflecteur d’une portée de 5 à 7 lieues en mer. Le phare actuel mis en service en 1835, culmine à 37 mètres portant son éclat salvateur à 60 kilomètres en mer. De son sommet s’embrasse un grandiose panorama sur une interminable traînée de récifs et d’îles, de Sein à Ouessant.

29 juillet 1558 Une flotte composée de 130 navires battant pavillon Anglais, Espagnol,hollandais; ils débarquent et mettent les villes du Conquet, Lochrist, Plougonvelin et St-Mathieu à feu et à sang ; l’abbaye est brûlée, les cloches et 2 orgues emportées et la ville détruite! ; il faudra les 9000 hommes de Guillaume du Châtel, seigneur de Léon pour les chasser. Les espagnols avec 100 bateaux venus deLa Corogne et du Ferrol reviendront en 1595 pour venger la perte du fort dr Quélern de l’autre côté de la rade mais ils seront dispersés par une tempête .

De telles épreuves entraînent l’appauvrissement de l’économie locale ; les populations fuient ces lieux trop exposés ou affaiblies subit de plein fouet famines et épidémies
. Au XVIès l’abbaye voit sa puissance économique et spirituelle décliner très rapidement quand elle est mise en commande : l’abbé commendataire n’est plus un religieux et son rôle consiste à recevoir le tiers des revenus du monastère et vers 1624, il ne restait plus que 4 moines.
1656 Les moines Bénédictins réformés de St-Maur entreprennent la reconstruction des bâtiments, le renouveau spirituel et assurent le rôle de vigie à l’entrée de la rade de Brest. Malgré leur souhait de s’installer à Brest, les moines resteront à St-Mathieu par la volonté du roi
12 juillet 1790 , date de la promulgation du décret prononçant la suppression des couvents . L’inventaire des biens montre une certaine aisance ; le mobilier est mis sous séquestre à Brest, la bibliothèque est dispersée et les bâtiments classés bien national.
1796 Les bâtiments sont vendus pour 1800 livres à Budoc Provost du Conquet ; pillés entre temps, le site deviendra une carrière de pierres.

Sources :
– Rémy le Martret
– Danièle CORNEC

Le Mémorial et son environnement
-La pointe St Mathieu
Histoire du site de Saint Mathieu
-Le site de Saint Mathieu

-Le Mémorial

– De la stèle au cénotaphe
– La stèle
– Le Cénotaphe – Historique du lieu
– Le Cénotaphe – Le concept
– Le Cénotaphe – Description architecturale
-Le phare de Saint Mathieu

Le sémaphore de Saint Mathieu
Les davieds de Saint Mathie

HISTOIRE DELA POINTE SAINT MATHIEU
Texte à télécharger (au format PDF)

http://www.auxmarins.com

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